Vingt-quatre invitées... Belle tablée. Pour autant, ces vingt-quatre femmes maires, au regard des deux cent quarante communes que comptent les première et deuxième circonscriptions du Pas-de-Calais, semblentbien isolées... À peine 10 % des élus. Guère mieux, finalement, que dans le reste du département où l'on compte quatre-vingt-trois femmes maires pour huit cent quatre-vingt-quinze communes. Ce pourcentage fatidique de 10 % est aussi, peu ou prou, celui que l'on retrouve au niveau national. Pourtant, au moment de la campagne des municipales, les visages féminins étaient nombreux sur les photos de listes candidates. Mais voilà. Elles n'ont été que vingt-quatre à franchir la dernière étape, celle de l'élection au fauteuil majoral.
« Les femmes sont encore plus rares aux postes clefs des intercommunalités, fait observer Catherine Génisson, là où se trouvent vraiment les moyens et le pouvoir de décision. » « Le pire, c'est peut-être à la CUA où le G7 - le bureau réduit - compte sept hommes pour sept postes », glisse Françoise Rossignol. Au conseil général ? Six femmes seulement parmi les soixante-dix-sept conseillers généraux. Les députées, elles, grâce à des démarches volontaires des partis politiques, sont un peu plus nombreuses : trois sur quatorze dans le Pas-de-Calais, et pour les sénatrices, c'est encore mieux : trois pour sept postes. Autant dire la parité. Mais elles restent l'exception qui confirme la règle.
Pourquoi cette difficulté des femmes à entrer en politique ? Est-ce seulement parce que les hommes forment bloc et se cooptent entre eux ? Les femmes n'auraient-elles pas trop tendance, elles aussi, à rester en arrière-plan ? « Si, sans doute, concède Jacqueline Maquet.
Mais il faut dire à leur décharge que tant qu'elles ont des enfants à la maison, c'est compliqué pour elles. Il leur faut vraiment un conjoint qui participe. » Sans doute sont-ils encore trop rares, eux aussi, puisque l'on observe qu'en général, les femmes entrent en politique beaucoup plus tard que les hommes, une fois que les enfants sont partis. Avec des carrières politiques ainsi raccourcies, elles ont forcément beaucoup moins de chances d'accéder à des mandats importants. •
Article : La Voix du Nord






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