Les citoyens européens ont fait leur choix. Le Parlement européen et la Commission européenne seront dirigés par une coalition de droite. La complexité du processus de décision communautaire ainsi les traditionnels arrangements créeront sans doute la confusion auprès des citoyens sur qui sera responsable de l’orientation de l’Europe pour les cinq années à venir. Mais les gouvernements et les partis de la droite européenne, ainsi que leurs députés au Parlement européen, doivent maintenant assumer pleinement les conséquences de leur victoire à la Pyrrhus, basée sur des taux d’abstention record. Je crois qu'ils vont décevoir beaucoup de ceux qui leur ont fait confiance le 7 juin. Les dirigeants de la droite européenne, et en particulier du PPE, utilisent aujourd'hui une rhétorique sociale-démocrate pour tromper leurs électeurs. Des engagements ont été pris sur la politique sociale, sur la lutte contre le changement climatique, sur la régulation des marchés financier et sur bien d'autres sujets encore ; ils ne seront pas tenus.
La tradition de légiférer par consensus va sans doute perdurer à Bruxelles et à Strasbourg. Mais j’ai la conviction que l’heure est venue de mettre davantage en évidence les différences politiques entre la gauche et la droite. Après cette défaite aux élections européennes, la social- démocratie doit-elle faire comme si de rien n'était, et ainsi prendre le risque d'aider la droite à brouiller un peu plus les clivages politiques dans les années à venir? Je ne crois pas que ce soit la voie à suivre. Pour commencer, nous devons nous battre pour nos engagements de campagne : un nouveau plan de relance européen et une réforme en profondeur du système européen de régulation financière. Mais, dès à présent, nous devons aller beaucoup plus loin.
La social-démocratie doit se renouveler. Les valeurs sur lesquelles nous avons fondé nos combats et nos succès politiques depuis plus d'un siècle doivent rester notre inspiration. Mais nous devons repenser notre projet dans le monde d’aujourd’hui, en perpétuelle mutation. Nous devons être audacieux, fiers de ce que nous représentons et plus efficaces dans la manière d'exprimer nos idées et nos projets. Nous devons apprendre à être au plus plus proche des gens, de ceux qui se sentent exclus de la société et ne croient plus à la politique, en répondant à leurs peurs et à leurs rêves. Nous, partis socialistes et sociaux-démocrates européens, devons plus que jamais travailler ensemble. Nous devons aussi être ouverts aux personnes et aux idées progressistes au-delà de nos propres partis.
Mais nous devons aller encore plus loin. Notre impératif, aujourd’hui, est d’intégrer à notre pensée politique les dynamiques d’un monde en pleine évolution. Prenons l’environnement. Nous nous sommes battus pour la protection des ressources naturelles, de la biodiversité, de la qualité de l'air et de l'eau. Mais comment lier cela à nos combats naturels pour la justice sociale et l’égalité ? Nous avons été incapables de développer une vision cohérente à long terme pour le développement écologique de nos économies et de nos sociétés. Si nous n'arrivons pas à trouver une manière de combiner notre combat de toujours contre les inégalités avec l’environnement, nous serons contraints de faire des compromis impossibles. Nous devons parvenir à plus de clarté et de crédibilité politique sur cette question essentielle qu’est le développement durable. Prenons l’économie mondiale. Nous devons trouver de meilleures réponses aux aspects les plus néfastes de la mondialisation. Nous avons œuvré pour un système économique global plus durable et plus juste. Mais les inégalités demeurent scandaleuses. Et la création de nouvelles richesses écologiquement durables, qui doivent être plus équitablement réparties, ne répond pas aux besoins des milliards de personnes qui vivent aujourd'hui dans la pauvreté. Nous devons trouver de nouvelles réponses à ce défi mondial, et nous devons les trouver rapidement. Sinon comment peut-on prétendre continuer d'incarner le principal mouvement politique internationaliste?
Prenons l’Europe. Nous avons peur de défendre une Europe politique plus forte. Nos discours sont hésitants, et parfois même contradictoires. Une fois encore, si nous n'arrivons pas à élaborer un projet clair et ambitieux pour l'avenir politique de l'Europe, nous ne pourrons pas convaincre les citoyens de nous soutenir pour construire une Europe capable de les protéger dans la mondialisation.
Nous avons perdu une élection, mais pas la guerre des idées politiques. Nous n’en sommes qu’au début. Pour les cinq années à venir, les institutions européennes seront dominées par la droite. Nous devons utiliser cette période pour engager un changement audacieux. Si nous y parvenons, les citoyens retrouveront confiance en nous, peut-être pour longtemps. Si nous échouons, et surtout si nous refusons de changer en continuant comme avant, nous mourrons.
Poul Nyrup Rasmussen, Président du Parti Socialiste Européen
Le président de la République laisse les Français seuls face à leurs problèmes et face à la crise.
Du président de la République, on attendait qu’il soit à la hauteur du moment et du lieu. Le moment, une crise d’une gravité exceptionnelle, exigeait une vision. Le lieu, la convocation à Versailles des représentants du peuple dans un faste sans pareil, imposait des solutions. Le discours présidentiel nous plonge dans la consternation : le chef de l’Etat paraît dépassé par les enjeux.
Au-delà de formules attrape tout et d’incantations que plus personne ne croit tant elles ne sont jamais suivies d’effets, ce discours démontre malheureusement une absence de cap économique et confirme qu’il y aura bien un sévère tour de vis social.
En témoignent la suppression des emplois publics dans l’éducation, la santé…, la réduction du déficit de la Sécurité sociale par des prélèvements supplémentaires et le report de l’âge de la retraite, ou encore la disparition de la taxe professionnelle qui est le principal impôt permettant aux collectivités locales d’investir contre la crise.
Quant à l’emprunt, chacun a bien compris qu’il ne s’agit pas d’une relance, mais d’un habillage pour masquer la responsabilité du pouvoir actuel dans l’aggravation des déficits, paquet et bouclier fiscal en tête, et l’absence de mesures pour combattre le chômage et augmenter le pouvoir d’achat des Français.
Le chef de l’Etat devait dire aux Français comment sortir de la crise ; il n’a fait que leur confirmer que ce sont eux qui payeront la politique d’austérité. Illustration ce jour même : pour la troisième année consécutive, le gouvernement refuse un coup de pouce pour le Smic et accroît la rigueur salariale.
Adobe Flash Player non installé ou plus vieux que 9.0.115!
Lundi, Nicolas Sarkozy s'exprimera pour la première fois devant l'Assemblée nationale et le Sénat réunis, comme le lui autorise la révision constitutionnelle du 23 juillet 2008.
Le chef de l'Etat présentera la politique qu'il entend mettre en oeuvre lors de ce Congrès de Versailles et devrait présenter dans la foulée son gouvernement remanié.
Question pratique une journée du Congrès du Parlement à Versailles coûte "entre 500.000 et 1 million d’euros", selon le député PS de l'Isère André Vallini et les chiffres de l'assemblée nationale.
Pour en finir avec "une symbolique monarchique" et faire économiser de l'argent, André Vallini a rédigé une proposition de loi, dans laquelle il préconise de fixer les réunions du Congrès du Parlement à Paris et non plus à Versailles : " A titre d'exemple, le Palais des Congrès de Paris, situé Porte Maillot, dispose d'un amphithéâtre tout à fait à même d'accueillir la réunion du Parlement et dont le coût pour une journée est de moins de 20.000 euros ", souligne le député de l'Isère.
Par temps de crise, l’économie ainsi faite serait conséquente.
La proposition de loi d’André Vallini devrait être déposée au bureau de l'Assemblée la semaine prochaine.
Pour le député de l’Isère « un Etat moderne est un Etat modeste et en faisant preuve de rigueur, la République se grandirait ».
Jeudi 4 juin, la chaine de télévision suisse TSR a eu la bonne idée de diffuser un reportage sur les liens entre Sarkozy et les médias... Des journalistes convoqués par la police, des patrons de presse virés, par la seule grâce présidentielle. Rien de très nouveau, mais très vite, on réalise : un tel reportage pourrait-il passer sur une télévision française ? Vidéo...
"Que se passe-t-il dans les médias de l'Hexagone ?" introduit le site de la TSR. Stéphane Guillon dans le collimateur de l'Elysée, des journalistes régulièrement convoqués par la police, des patrons de presse virés comme des malpropres, des pressions permanentes, une présence impressionnante du chef de l'Etat sur les plateaux télé, des relations amicales avec la plupart des grands patrons de presse... Tout cela venant confirmer les conclusions d'un récent rapport de Reporter sans frontière selon lequel la France détient le record européen d'interventions policières ou judiciaires contre des journalistes. L'information est d'ailleurs passée totalement inaperçue... dans les médias. Etrange...
Une censure qui ne porte pas son nom
"Dans ce contexte médiatique explosif où la censure ne porte pas son nom, c'est l'autocensure qui s'installe insidieusement dans certaines rédactions. Une menace sur la liberté de la presse qui, pour certains met en danger la démocratie". Une équipe de la TSR a franchi les Alpes pour enquêter et tenter de savoir si les journalistes parviennent encore à "travailler en totale liberté". Rien de très nouveau, mais ce reportage venu de l'étranger nous pose une question cruciale : une telle enquête est-elle possible en France, en première partie de soirée, à la télévision ?
De l'indépendance des médias français...
Sur France Télévisions, par exemple, dont le patron dorénavant nommé par Sarkozy peut se retrouver à la porte sur un simple coup de fil. Ou sur TF1, qui licencie ses cadres pour leurs idées politiques anti-gouvernementales et dont le Big Boss Martin Bouygues est un ami intime de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Peut-être sur M6 ou Direct 8, dont un des principaux actionnaires est Vincent Bolloré, qui accueille régulièrement "Ze King of Bling-Bling" pendant ses vacances, tous frais payés. Canal Plus est encore la mieux placée, mais cryptée, et le sujet n'est visiblement pas dans les cartons de la chaîne.
Saisi par le Parti Socialiste, le Conseil constitutionnel a censuré l'une des dispositions les plus importantes de la loi Création et Internet, la riposte graduée. Ce projet de loi avait soulevé une large vague de protestation pour plusieurs raisons: l'inversion de la charge de la preuve d'une part puisque l'internaute impliqué était présumé coupable, et la question plus fondamentale encore et plus large, de savoir si l'accès à Internet était un droit fondamental.
La décision du Conseil est claire: "en Droit français c'est la présomption d'innocence" et "c'est à la justice [et non à une autorité administrative] de prononcer une sanction".
Enfin, les sages rajoutent qu' "Internet est une composante de la liberté d'expression et de consommation".
Après un premier désaveu lors du premier vote à l'Assemblée Nationale c'est une véritable claque qu'a administré le conseil constitutionnel à l'UMP, à Nicolas Sarkozy et à la ministre de la culture, en rappelant que dans un Etat de droit, tout n'est pas possible.
Adobe Flash Player non installé ou plus vieux que 9.0.115!